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Rail et
transports urbains |
Le Canard Déraillé |
mai 2000 |
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Petite tournée à
Toronto, 1 Prélude dans un Park et un Château |
C'est le grand jour! Des copains à moi,
Richard Longpré et son frère Alain, viennent de
voir des années d'efforts arriver à terme : Ils
emmènent finalement leur voiture privée à
Montréal, en fait, la seule voiture privée nolisable
au Canada. Il
y a quelques années, ils ont acquis une voiture-lits d'Amtrak,
la Pacific Sands,
construite en 1950 par Budd pour le Union
Pacific Railroad, et depuis reprise par Amtrak. Elle a subi
une grande révision générale en 1979, où
elle reçut un nouveau système électrique
alimenté par la locomotive. Elle a ensuite roulé
en service sur les trains de l'est des États-Unis durant
une vingtaine d'années, dont principalement en service
spécial sur l'Auto-Train (service pour lequel elle a reçu
un appareillage de freins spécialisé), avant d'être
mise en vente aux enchères après avoir été
retirée de service, Amtrak ayant entre-temps
reçu de nouvelles voitures-lit modernes dites "Viewliner".La voiture est de configuration dite "10-6", c'est à dire avec 10 chambres individuelles (Roomettes) et six chambres doubles pouvant être mises en suites de deux chambres. Il y a également une toilette publique et un poste pour le porteur à l'extrémité. Chacune des chambres est équipée d'un évier et d'un cabinet de toilette, offrant ainsi un maximum de confort à tous ses occupants. La voiture a été rénovée en Californie dans un atelier spécialisé (la rénovation de 1979 avait causé des avaries aux longerons latéraux par suite de soudures de plomberie mal appliquées), puis a été acheminée à Winnipeg (Manitoba), car elle a été louée par VIA Rail Canada qui l'a utilisée sur son train Winnipeg_Churchill durant 6 mois. Ça a été une première: une voiture privée louée par le transporteur fédéral. Le contrat échu, Richard a décidé de la ramener à Montréal. Nous allons donc emprunter la voiture sur la portion Toronto_Montréal du trajet. |
Les
trois voitures-lits du train sont sous la responsabilité
de Charlie Husbands, qui, une fois assuré
que tous les passagers des voitures-lits soient bien confortables,
vient piquer un bout de jasette avec nous. On sent qu'il est
fier de voir que les grandes traditions du chemin de fer sont
sauves, car sa famille a travaillé au chemin de fer depuis
plusieurs générations.Mais il commence à se faire tard, et une fois passé Cornwall, à peu près tout le monde décide d'aller se coucher. Je mets donc le cap sur ma roomette, dans la voiture précédente. Par chance, j'en ai obtenu une au centre de la voiture; ça dormira mieux que sur les roues! Et c'est mon type favori de chambre: un tout petit compartiment d'à peine 1m30 de large par 2m20 de long, dans lequel on trouve tout le confort: fauteuil, évier, lit et cabinet de toilette. Évidemment, pour mettre tout ça dans un si petit espace, on doit être ingénieux... Comme, par exemple, comment baisser le lit, qui fait bien toute la largeur de la chambre, alors qu'on est à poil? La solution, c'est de sortir dans le couloir. Oui, à poil, mais grâce à un rideau muni d'une fermeture éclair et qui borde la porte, obturant ainsi cette dernière, ce qui prive les demoiselles qui viendraient à passer par là du rare spectacle de mon derrière. Mais ce n'est que partie remise... Je ne tarde pas à somnoller, bercé par le roulement du train, et cela malgré un « zïïïkk-zïïïkk » de provenance indéterminée. |
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