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urbains
Le Canard Déraillé

Toronto,
mai 2000

Petite tournée à Toronto,
dans une débauche de luxe
et de grands plaisirs ferroviaires

2 — L'arrivée d'un train en gare de Toronto


Nous roulons belle allure quand je me réveille, vers sept heures dix. Il fait un temps radieux. Je regarde défiler le paysage par la fenêtre, un moment, puis me dit que ce serait mieux de le faire de la voiture panoramique, après une bonne douche...
   Je relève donc le lit, et vais prendre ma douche. C'est tout nouveau, ça, la douche à bord du train; elles ont été installées lors de la grande révision générale, sacrifiant un compartiment ouvert (de toutes façons, moins populaire que les chambres). La température est correcte, et ne fluctue pas plus que le débit, qui, lui aussi est convenable. Mais ça fait tout drôle de prendre une douche qui est secouée légèrement dans tous les sens... Le fond ne se vide jamais tout à fait, car la flaque d'eau se promène tout partout. Les ablutions faites, je retourne dans ma chambre m'habiller plus convenablement. C'est vraiment une très bonne idée d'avoir installé cette douche.
   Mais? Mais? Que vois-je par la fenêtre alors que je me change? Les bureaux de l'usine de General Motors qui passent, à toute vitesse!!! Pas une microseconde à perdre, pour bien leur faire savoir ce que je pense de leur industrie, je présente, via la fenêtre ouverte filant à toute allure dans la campagne, mon auguste séant, dépourvu de toute vêture. Voilà!
   Je m'habille définitivement, et marche vers la voiture-panoramique, non sans stopper dans le vestibule, dont j'ouvre la partie supérieure de la porte, afin de prendre un bon bol d'air...
Quand j'arrive en arrière, pas mal tout le monde y est déjà. J'en profite pour croquer les aménagements de la partie arrière, puis m'assieds pour croquer ensuite un croissant et une orange, tout en regardant la voie s'en aller par en arrière, alors que Richard converse avec son ancien collègue et la préposée au bar de la voiture panoramique.
    Soudainement, un grand bruit :VZZOUFFFF!!!! Puis, on voit s'en aller, dans le lointain, une rame pendulaire LRC, qui roule à toute allure vers Montréal. C'est le premier train de la journée, et qui est déjà à une bonne distance de Toronto...
    Les rames LRC sont les plus rapides, car la pendulation leur permet de rouler à plus de 170 km/h, ce qui n'est pas si mal pour une rame diésel.
    Mais hélàs, le grand nombre de passages à niveaux (près de 300 sur Montréal_ Toronto!!!) et la signalisation ainsi que la mixité des circulations fait que les rames LRC n'ont jamais pu rouler à leur vitesse prévue, soit 200 km/h.
    Puis le temps a fait ses ravages, et des locomotives originales, il ne reste qu'une poignée, le reste étant remplacé par des F40-PH, mais qui n'ont pas un rapport d'engrenage leur permettant de rouler à 170 km/h, car en fait, elles ne rouleront jamais à cette vitesse en dehors du Corridor Québec_Windsor.
    Je monte à l'étage, dans le dôme, histoire d'en profiter.
    Un très bel endroit, ça, le dôme. On a une belle vue tout autour, mais surtout vers l'avant, ce qui permet de bien voir les signaux. Un des passagers n'en a cependant cure, car il ligote consienscieusement son baveux.
    Je m'assieds sur le troisième siège, à droite, puis suis bientôt rejoint par les autres membres du groupe.
    Richard est tout fier comme un pape; son frère Alain, lui, parvient mieux à dissimuler son enthousiasme...
   Je me laisse même croquer le portrait, assis dans le dôme. Voilà une façon civilisée de voyager!!! 
 
Du dôme, on a une vue parfaite vers l'avant.
 
Les précurseurs de la location de
voitures-privée au Canada.
 
L'auteur de ces lignes.
 
L'arrivée d'un train en gare de Toronto.
Mais nous arrivons bientôt à Toronto; nous frappons un os de taille : un petit imbécile mal avisé dans un bureau quelque-part a décidé que nous ne pouvions pas aller au centre d'entretien, à Mimico, à bord du train.
   Dépité, nous descendons du train, et Richard décide de louer une auto. Durant les formalités, je descend dans le métro chercher une carte, qui nous aidera à nous y rendre.
   Les autres membres du groupe regardent les torontois qui vaquent autour de la gare, et ce qui frappe le plus ceux qui n'y sont jamais venus, c'est que la ville est virtuellement identique à n'importe-quelle autre ville américaine, jusqu'au kiosques à hot-dogs sur les trottoirs qui commencent déjà leur journée, bien qu'il soit à peine neuf heures...
   L'auto obtenue, nous montons tous à bord et nous prenons à toute vitesse la direction ouest, vers Mimico. Richard ne veut pas parier que nous serons pris dans la circulation... Mais le trajet se fait sans encombre, et dix minutes plus tard, nous sortons de l'autoroute et Richard dit qu'il aurait dù parier...
   Après un peu de navigation à l'estime (l'entrée du centre d'entretien n'est pas indiquée sur la carte des autobus, tramways et du métro), nous arrivons devant une barrière bien fermée, avec seulement un interphone.
   Le bouton enfoncé, après une composition automatique, on entend une voix annoncer que cette boîte vocale n'est pas en service...
   On s'annonce, et on se fait dire d'entrer alors que la barrière commence à glisser vers le côté. En entrant dans le centre d'entretien, on manque d'écraser deux énormes bernaches qui ont décidé de faire un petit arrêt en remontant du sud...
   Après s'être faufilé dans les méandres des chemins routiers entre les voies, nous parvenons à côté du Pacific Sands. Richard et Alain s'y engouffrent, nous laissant à l'extérieur, histoire de faire un brin de toilette et une vérification exhaustive de l'éclairage intérieur; j'en profite pour croquer les alentours. Au fond, une rame d'autorails hors-service attend son sort, tandis qu'aux alentours gisent diverses voitures: un fourgon, quelques voitures-lits, une voiture pendulaire LRC et quelques coachs.
   Richard et Alain vont et viennent, tandis que nous regardons les rares manoeuvres aux alentours.
 
Le bout « A » du Pacific Sands.

Le bout « B » du Pacific Sands
avec une F-40 qui passe par là.
 
Un fourgon en inox, originalement
du CP, cuvée 1954. On lui a mis des
bogies de wagons-lits de série « E ».
    Puis, on voit surgir au loin un train qui entre au centre d'entretien: c'est notre train, qui s'en va prendre le triangle de virage. Retourné, il recule lentement pour se faire nettoyer.
 
Le Prince Albert Park, identique au Waterton Park dans lequel nous avons entamé notre voyage. Notez la différence de hauteur du toit devant et derrière le dôme.
 
Ce sont vraiment de magnifiques voitures qui sont encore en bon état malgré leurs 46 ans.
 
Nous avons eu, pour venir, une bien curieuse rame: trois voitures en sandwich entre deux F-40, puis les quatres voitures de notre train...
    Richard a enfin terminé de changer les ampoules de sa voiture (c'est ça qu'il faisait avec Alain). Il fait maintenant la navette entre la voiture et le bureau, mais il trouve quand-même le temps de prendre quelques photos.
    Puis une rame composée de trois voitures inox derrière une F-40 PH s'en vient vers nous. Ce sera le train 68! La rame recule tranquillement, et s'accouple gentiment sur la voiture. Un wagonnier vient ensuite tout raccorder; après l'essai de freins, tout est fin prêt pour le retour!
 
La rame du train 68 s'en vient tranquillement s'accoupler au Pacific Sands.
 
Un wagonnier raccorde les conduites principale et générale, ainsi que les câblôts d'alimentation électrique.
 
Voilà, notre train est complet!
    Vers 11 heures, tout le monde a fin, et une fois les ultimes formalités accomplies, nous mettons le cap sur la gare, non sans stopper prendre quelques photos des autorails qui traînent là-bas, ainsi que d'une voiture Tempo, la seule qui reste (les autres ont été achetés par le D&RGW pour leur train de ski (plus de photos sur ce site).

Une enfilade d'autorails attend son sort.
 
Parmis les vieux trucs, une voiture Tempo, la dernière, il paraît.
    Quinze minutes plus tard, nous sommes de retour à la gare, où nous rendons l'auto, et cherchons un restaurant. Mal inspirés, nous entrons dans le premier restaurant venu. Bouffe très moyenne, service plutôt nul, personnel qui fait la gueule, et prix exorbitant.
    La bouffe avalée (de travers), nous établissons nos plans pour l'après-midi. Ces messieurs-dames feront du tourisme classique, tandis que moi je vais aller voir la toute nouvelle ligne de tramway Harbourfront/Spadina.
    On se met d'accord pour se rencontrer à la gare vers cinq heures, et je ramènerai de la bière et des chips.
    Puis je mets le cap sur le Métro.

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