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Le Canard Déraillé

France 1992

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Jeudi 28 mai :
Retour irrémédiable.
Dès le lever, j’engloutis un petit déjeuner rapide, et met le cap sur l’aéroport. Histoire d’inspecter Orly, et de voir à ce que je ne me fasse pas couillonner avec les billets.

Après une inspection de fond en comble des deux aérogares, et où j’ai pu voir une floppée de zigues faire aux avions ce que d’autres font avec les trains (les regarder passer), je retourne chercher mes bagages.

Au comptoir, où règne une cohue monstre, je retrouve mes deux religieuses, et la fonctionnaire. Je propose d’attaquer le problème des deux queues (une pour les billets, l’autre pour enregistrer les bagages) à la russe, c’est à dire que la moitié des gens attendent dans une queue, quand l’autre moitié attend dans l’autre. Des passagers se seraient fait dire qu’il devraient repayer pour leurs billets. Heureusement pour la compagnie aérienne qu’ils ne m’ont pas dit ça. Dans la cohue, soudain fuse une tentative maladroite de la part d'un français de jurer en joual. Tentative tellement maladroite que même les religieuses en pouffent de rire (tout comme la moitié de l'assistance, d'ailleurs)...

Finalement, tout le monde a ses billets, et les bagages sont enregistrés. Nous avons amplement le temps de casser la graine.

Au bar de l’aéroport, nous trouvons une table à côté de la fenêtre qui donne sur les avions. Et nous engloutissons quelques sandwiches et bières. Les religieuses ne se gênent pas avec la bière...

Nous nous séparons aux boutiques hors-taxes, histoire de voir ce qu’il y a (pas grand chose). Après la sécurité, je les retrouve assises sur les fauteuils de la salle d’attente. L’heure de l’embarquement arrive, et je téléphone donc à Montréal pour bien confirmer que je m’en viens. A côté, un gros 747 commence à s’empiffrer de passagers. Lui aussi est à destination de Montréal.

Ensuite, je prends une boîte de bière dans une machine distributrice, chose absolument impensable chez-nous (si j’aurais le malheur de me promener comme ça, une boîte de bière à la main, les flics auront tôt fait de m’embastiller. C’est ça, le puritanisme anglais).

Une fois installé dans le siège (un Airbus. Pas mal, comme zinc), le commandant de bord annonce les couleurs : départ retardé de vingt minutes, biscotte encombrements aériens. Le gros 747, lui, n’a toujours pas fini de s’empiffrer de populo. Mais il part, sans attendre, juste devant nous. Nous nous suivons jusqu’à la piste, et décollons chacun notre tour.

Vol sans histoire. L’arrivée à Montréal est à l’heure, et le gros 747 est déja arrivé. Même que les passagers commencent àdescendre, ce qui fait que l’affluence retardera les formalités de douanes, où je passe quand même comme dans du beurre (d’habitude, les douaniers sont hyper-chiants et tâtillons), à mon grand dam.

Rideau.

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