| Page principale Marc Dufour |
Rail et
transports urbains |
Le Canard Déraillé |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Mardi 26 mai : Dernière rencontre avec un vieil ami exilé. Jen profite pour marcher dans Paris, tout en trouvant les quelques cadeaux qui me manquaient. La veille, monsieur G. ma dit de lui téléphoner au bureau, histoire de déjeuner un peu. Dont acte, et déjeuner tout aussi réussi que le repas de la veille... Laprès-midi, je me tape une petite virée sur le RER-B jusquà Orsay, histoire de rendre visite à un vieil ami écrivain, un québécois qui sest exilé à Orsay. Jignorais que ce serait ma dernière rencontre avec lui, car jai eu la tristesse dapprendre son décès à peine deux semaines plus tard. Ma «dernière» soirée à Paris est passée à boucler ma valise. |
|
Mercredi 27 mai : Je suis donc le deuxième derrière un pignouf qui gueule, furibard de ne pas partir aujourdhui. Après dix minutes de cirque, profitant dune pause dans les jérémiades, je linterrompt en maddressant au préposé : «Je vous le dit tout de suite, ça ne me dérange pas du tout de partir demain»... Finalement, la plupart des gens sont accommodés, mais, conformément à mes voeux, je reste derrière! Un jour de plus, à loeil! Le pied! Je fais donc des projets: jappelle Patrick, qui est bien content de minviter dîner chez-lui, ce soir. Nous nous donnons rendez-vous sur son train, à la Gare de Lyon souterraine. Cependant, la file de passagers hargneux samenuise, et quand le dernier qui peut partir est parti, il ne reste que sept personnes : un frère et sa soeur qui ont passé les derniers six mois en Europe et en Asie (ils se sont tapés le Transsibérien), une fille seule, qui ne daignera même pas coucher à lhôtel fourni par la cie. aérienne, une fonctionnaire qui termine une année sabbatique, deux religieuses en civil, et moi. Ce qui est comique, est que la communauté des religieuses est dans le quartier où jai grandi. Même que jallais sécher mes cours dans leur verger... (Oui, chez-nous, il y a encore des vergers en ville) Comme elles ne mont pas gonflé les boulets-montreuil avec leur religion, je les ai trouvé très sympathiques... La fonctionnaire, les religieuses et moi nous nous mettons tout de suite ensemble, pour le transfert à Orly, via la navette Air-France. Lhôtel est confortable, malgré quexigù. Plutôt format cabine de paquebot que chambre dhôtel. Après un repas gratuit que nous avons dù arracher en fesant un peu de scandale (la cuisine était fermée), nous nous séparons. Je vais donc découvrir cet objet mythique, irréel et hors de prix quest OrlyVal. 55 francs. Cest le tarif que le préposé mextorque pour un billet Orly-Paris section urbaine. Je casque, car jai quand même envie de tâter de ce zinzin. Je monte dans laquarium à 10m daltitude, et attend quelques minutes. Un engin où nulle âme y vit sannonce tôt, et sarrête devant la station. Je monte. Ça doit être lheure de pointe, car deux autres personnes investissent la rame! Nous sommes beaucoup trop, trois dans la voiture! Je suis donc forcé de voyager debout. Par chance, le généreux pare-brise permet une vue imprenable sur la complexité des appareils de voie... Je me fais jouer un tour, cependant, à lautre arrêt. La rame rebrousse chemin, et je dois donc changer de voiture pour continuer à voir devant. Après un voyage sans histoires, nous arrivons àAntony, où je prends le RER pour Paris, non sans avoir téléphoné à Lionel, auquel je fais part de ma prolongation et de mes projets pour ce soir. Il ne peut pas venir, vu quil va travailler, mais peut faire un bout de chemin avec nous. Quand je descend à Port-Royal, laprès-midi est pas mal entamé. Je calcule que jai quand-même le temps de marcher jusquà la gare de Lyon, où jarrive suffisamment tard pour craindre de louper Patrick. Surtout que la queue des billets séternise, et je nai pas de menu monnaie. |
|
Heureusement, jarrive sur le quai dix minutes avant le départ, et ai la surprise de voir que la rame nest toujours pas là. Je nattend pas longtemps, car la prochaine rame à entrer est celle de Patrick. Une Z-5300 à un agent. Tordant, ces écrans de télé sur le côté du pare-brise... Nous avons tout juste le temps de changer de bout, quand cest le départ. A Charenton, il commence à pleuvoir. Fort. A Alfortville, cest un Lionel tout mouillé qui vient nous rejoindre. Et, jusquà Villeneuve, cest un magnifique son et lumière que nous offrent les éclairs. A Villeneuve, Lionel descend, et nous apprennons sur la radio que le train devant nous dest fait foudroyer et demande du secours. Et il sest fait foudroyer juste là où jhabite! dit Patrick. A Juvisy, nous attendons une bonne vingtaine de minutes avant quon se décide à dépanner lautre train. Et cest Patrick qui sy colle... Donc, cest dûment nantis dun ordre pour pousser le train devant nous jusquà Corbeil que nous quittons Juvisy, non sans que laiguilleur se soit trompé ditinéaire et donne le signal au train à côté de nous. Il doit lui dire de stopper par radio... Avant la gare où lautre train est en rade, le sémaphore est fermé, donc marche à vue. Patrick me montre sa maison. Juste à côté de la voie. Et la rame en rade est là, bête comme la lune, son mécano nous guettant, lair navré. Nous nous accouplons, et le mécano fait les tests de sa cabine à lui, et décide de tout prendre en commande... Patrick décide donc daller faire le voyageur et de sasseoir en arrière. «A la banlieue, quand ça merde, ou bien tu as tout bon, ou bien tout mal. Jamais entre les deux. Là, vu que jai manqué mon heure de retour à Paris, je parie quon me dira que je cesse de travailler. Ça tombera bien, parce que nous aurons plus de temps chez-moi... Comme de fait, les trains terminent à Corbeil (celui qui a été «zappé» devait aller jusquà Melun), et Patrick doit réenclencher quelques signaux dalarmes tirés. Comme de raison, Patrick ne retourne pas à Paris, et lautre mécano ramène la rame à Charenton. Il a quand même la gentillesse de nous déposer chez Patrick... Nous allons chercher la fille de Patrick, et arrivons chez-lui. Je constate que jhabite à côté de Patrick, car il y a une boîte aux lettres au nom de Marc Dufour... Je glisse une carte de visite dans la fente. Jespère quil ne se sera pas trop gratté la tête... Le voisin de Patrick ne la pas loupé, et se pointe avec sa femme pour discuter des jérémiades dun autre voisin, qui est québécois (non, ce nest pas de Marc Dufour dont il sagit)... Il narrête pas de dire «Chez-Nous, cest pas comme ça», ou «ça va plus vite», etc. etc. Ça me fait rire, parce que chez-nous, cest exactement de cette façon que les chansonniers représentent les français: «En France, cest pas comme ça»... Christine, la femme de Patrick arrive en pleine réunion. Nous prenons lapéritif, les voisins se cassent, et nous songeons au dîner. Cela englouti, Patrick me reconduit à mon hôtel, à Orly. Journée éreintante, donc sommeil garanti. |
|
|
||
| Fin de la page | Commentaires? Marc.Dufour@emdx.qc.ca Statistiques d'accès |
Page suivante |
|
|
||