| Page principale Marc Dufour |
Rail et
transports urbains |
Le Canard Déraillé |
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Vendredi 22 mai : Voyage bien pépère, sans histoire, à admirer le paysage. Très belle, la ligne. Viaducs, tunnels, le tout sans dénivellations exagérées. Je vais sûrement retourner dans le Massif Central au cours de mes prochains voyages! |
Une belle petite place |
Cest
toujours agréable de se promener sur les ramparts |
Les couvreurs
nont pas peur de glisser... |
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Je vais déambuler dans les petites rues de Montluçon, où de mignonnes petites maisons sagglutinnent sur la colline où trône le château. Château qui renferme quelques surprises, dont un musée de la vielle, un instrument qui ma toujours amusé. Mais lheure de mont train approche, et, de retour à la gare, javale une rapide bouchée au buffet avant de monter dans lautorail vers Bourges. Le compartiment de première est en avant, et le mécano na pas fermé la porte de la cabine. Je vais voir de plus près, et fais connaissance avec le mécano, monsieur C., qui minvite à prendre place à côté de lui. La ligne, à voie simple, et qui longe le Cher, est sympathique. |
![]() Mais; hélàs; certaines gares sont abandonnées |
Saint-Antoine; priez pour
nous |
| Des gares typiques la jalonnent; en croisant lautre autorail à Saint-Amand, jai une pensée pieuse pour les typographes de limprimerie qui imprime les San-Antonio (une imprimerie où on ne doit pas pleurer tous les jours!); à une autre, on y croise un train de travaux. |
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| Monsieur C., qui est de Vierzon, me fait part quil a choisi de faire cette ligne parce que ça lui laisse suffisamment de temps pour déambuler dans les rues de Montluçon, quil adore (je ne le blâme pas)... Il aime bien la traction électrique, mais beaucoup moins le stress qui sy rattache. Ici, avec son autorail, il peut prendre le temps de vivre... |
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Une belle place;
hélas embagnolée Elle est loin de la gare, la cathédrale. Vingt bonnes minutes de marche. Comme je nai quune heure, environ, avant lautre train, ça ne me laisse que quinze minutes pour visiter... Enfin, à la guerre comme à la guerre... La cathédrale est belle, mais les maisons qui sy collent ne me permettent que de prendre une photo où la pauvre tombe par derrière. Et encore, jai un objectif grand-angulaire! Je visite rapidement, et remet le cap sur la gare. Arrivé à la gare, je cherche mon train. Oh!, je me suis gourré! Il ne part pas à 13h, mais à 14h! Je suis une heure en avance! Merde, jaurais pu méterniser à la cathédrale! Quelle connerie! Dépité, je vais prendre un demi au buffet. Une activité inhabituelle a présentement cours à la gare, mais, contrarié,je ny prête guère attention. |
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La cathédrale
- sans blague! Monsieur C. y est aussi, mais cest lui qui me reconnaît le premier. Il savance et me dit : Ah! Je suis heureux que vous
soyez revenu, car voyez-vous, il y a un train à vapeur
qui va arriver dune minute à lautre! Je ressors sur le quai, et constate lactivité inhabituelle : un groupe denfants attend sagement (alors quil ny a aucun train régulier prévu), mais surtout, deux zigs sont sur le passage surélevé avec des appareils photo... Jy monte, et au moment où je fais connaissance (la machine est une 141 de fabrication américaine), les employés des PTT du bureau de poste voisin nous demandent ce quil y a... Un train à vapeur... Tout le monde se précipite à la fenêtre, et à ce moment, un coup de sifflet déchire lair. Un drôle de coup de sifflet, en vérité! Pas un wîîîî bien français, comme on serait en droit de sattendre, mais plutôt un woûûûûûû bien de chez-nous... Un panache de fumée se profile à lhorizon, et une forme noire fait son apparition dans le lointain. Les déclencheurs commencent à fuser, et les postiers à sétirer le cou. |
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Larrivée
dun train en gare de La Cio^h^h^h^h^h Bourges Lautre photographe sur la passerelle mexplique quil est également impliqué dans un chemin de fer touristique qui a aussi une 141. Je lui refile une de mes cartes en lui donnant rendez-vous à la locomotive pour quil me donne la sienne. Je redescend sur le quai, et inspecte la machine. Baldwin, Philadelphie, Pennsylvanie. Difficile de faire plus chemin de fer que ça! Philadelphie, cétait le point central du légendaire Pennsylvania Railroad, The Standard Railroad of the World. Plus chemin de fer que ça, tu meurs. Le résultat? une belle machine bien proportionnée, qui a de lallure, et surtout, qui fait immanquablement français sans pour autant dépayser un nord-américain... |
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Histoire de tenter ma chance (ou au moins de faire un gag), je sors mon eurailpass, le présente à lassistance en demandant «si vous acceptez leurailpass?»... Euh, vous savez, nous sommes
un train de marchandises, et nous ne prenons personne... Je monte, et constate que lextrémité avant de la voiture nest quune immense baie vitrée, qui permet dinspecter la voie. Je fais connaissance avec les «marchandises», et la conversation est lancée. Joffre des correspondances-souvenir de tramway du musée ferroviaire canadien, décline ma qualité de wattman du dimanche, et on me lance en substance: Et bien, si vous voulez venir avec nous jusquà Vierzon, notre prochaine étape, vous pouvez rester... |
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Ce voyage ma
aussi fait voir de bien curieux signaux - Un autre, pendant ce temps, sextasie sur le matériel américain. «Ahh!, ces machines, ça a de la gueule! Dites, la rame TEE, elle roule toujours?». Et à ce moment, en tournant la page, voici la fameuse rame TEE du Ontario Northland Raiway! «Et bien, non, elle est à vendre.» Est-ce que les machines originales
(TEE construites par Winterthur) sont toujours en service? |
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« Et
bien si moi je fesait ça sur ma maquette »... Nous arrivons à Vierzon, en passant sous le viaduc routier peinturluré, au sons des quolibets: «Et bien, si moi, je fesais ça sur ma maquette...». Nous stoppons un peu en retrait de la gare, histoire de faire le plein. Je vais téléphoner à Christian, qui ainsi risque de faire les frais de ce détournement. Bon prince, il me dit den profiter, parce que cest pas tous les jours. Enfin, ce nest que partie remise. Je vais donc me chercher une réservation pour le dernier TGV Tours_Paris. Je maperçois aussi que lautorail que je devais prendre originalement est à veille darriver. Jai tout juste le temps de me rendre sur le quai, quil surgit du faisceau et a tôt fait de simmobiliser, avec un monsieur C. souriant aux commandes... Je mexcuse auprès de lui de lui avoir fait faux-bond, et nous échangeons nos addresses. Jai tout juste le temps dacheter une bouteille deau quand le train pour Paris fait ses deux minutes dattêt... Quelques voyageurs vont même ouvrir les portes à contrevoie pour observer la 141 de plus près... Quand je reviens, léquipe a avancé la rame devant la gare, et est fort occupée à effectuer des études météorologiques, notamment en observant les effets de la pression atmosphérique sur la mousse de bière. Je les rejoins, et offre la seconde tournée. Ensuite, je trouve le temps de caser lhistoire du fourgon de queue qui est entré en collision avec lui-même: |
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Une bien belle machine;
bien de chez-nous... Un éclat de rire général ponctue cette anectote. Quelquun lance «Mais, quest ce quil fait, notre pilote?», et on ségaille un peu. Jen profite pour aller prendre quelques photos, aux alentours. |
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Et une
cabine bien de chez-nous aussi... En passant près de la cabine, je jette un oeil, et le chauffeur minvite à y monter. Je monte, bientôt suivi par deux petits garçons plutôt timides... Le chauffeur leur donne un morceau de charbon en leur disant : «Tiens, tu donneras ça à ta maman»... Je regarde les commandes. Identiques à chez-nous, sauf pour un détail : elles sont à lenvers... Le mécano est à gauche. Et aussi, il ny a quun seul injecteur («oui, mais il y a aussi la pompe dalimentation»)... Ça fait un drôle deffet que de voir des accessoires familiers, comme par exemple, linversion de marche ou le stoker, mais avec des indications en français! Finalement, le pilote se présente. Un jeune, en manches de chemises... Il doit emprunter une tunique, casquette et lunettes. «Bien je mattendais à tout, sauf à ça! Cest la première fois que je voyage dans un train à vapeur!». Le chauffeur mexplique quils ont ajouté un sifflet polonais, vu quil a un son américain. Je comprends maintenant le sifflet bizzare! Je lui dis que le son est tellement américain que jai cru que cétait effectivement un sifflet américain. Tout ce qui manque, cest la cloche. |
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Au menu: des escarbilles
rôties Non. Cest simple: deux long coups, un coup bref, et finalement, un long coup jusquà ce que le passage à niveau soit occupé. Vous voyez le passage pour les employés, au bout du quai? Je vais vous montrer dès le départ. Nous ne perdons pas de temps dès le départ donné. Je siffle le passages pour employés, et le chauffeur me remercie. Nous avons tôt atteint notre vitesse de croisière: 100 km/h! Je nai jamais voyagé si vite dans une locomotive à vapeur! Le chauffeur annonce les passages à niveau selon la méthode américaine, ce qui fait tourner bien des têtes... |
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Montrichard! Cinq
minutes darrêt! Nous stoppons cinq minutes à Montrichard. Jen profite pour prendre quelques photos du talus, à contrevoie. Le mécano offre la tournée, mais je ne suis pas preneur, vu que cest de lhuile quil balance partout... Nous reprenons la route, non sans que jai eu le temps dobserver le sémaphore mécanique à côté de la gare. Peu après, un stationnement plein de cars de tourismes annonce le château de Chenonceaux. Malheureusement, les arbres le masque complètement. Un peu plus loin, la D140 longe la voie, et les totomobilistes sont surpris. Mais pas autant quun poids lourd, àmoins de 10m de nous, que nous dépassons très lentement... La surprise du chauffeur! |
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Larrivée
à Saint-Pierre-des-Corps Tout le monde descend de la machine, pour se dégourdir les jambes. Jen profite pour prendre quelques photos. Il faut se gaffer, car ces câbles de transmission, ce sont de vrais pièges! Une BB-7200 vient fureter à côté un moment, puis poursuit son chemin vers le dépôt. |
![]() Une 7200 vient fureter... |
![]() ...pendant quon se la coule douce |
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Comme sur un plateau
dargent Nous reculons dabord jusquau poste de ravitaillement en carburant, où nous attendons quinze bonnes minutes. Tout le monde en profite pour faire un brin de toilette et prendre quelques photos. Les responsables du train rencontrent les responsables du dépôt, et discutent du garage. Laccord obtenu, on refoule plus loin, à côté dun atelier MR muni dune table de transfert-cage et dun pont tournant. Dailleurs, ce dernier est occupé par le panoramique, ce qui permet des photos inusités... |
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Que
deau! Que deau! La grue hydraulique du dépôt, encore en service, permet de remplir le tender dune eau suspecte... Le chauffeur, auquel je dis «aux USA, il y a un dicton : si tu nen boirais pas, ne la met pas dans ton engin...», me réponds «bof, si vous saviez, des fois, ce quils font à leau pour la rendre potable...». Durant ce temps, un ami de léquipe est venu lui rendre visite en compagnie de quelques bouteilles dun petit blanc sec de sa composition, lequel nest pas piqué des vers... Je peux donc voir le mécano huiler sa bécane, un verre de blanc à la main! Chez nous, cest le renvoi immédiat à vitesse grand V au cube, séance tenante et sans tarder... On ne plaisante pas avec le règlement «G»... |
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Et une cuillèrée
pour Samuel Vauclain... Et une cuillèrée pour André
Chapelon... Cest à ce moment que je maperçois quil ne me reste que vingt minutes avant mon TGV qui, par chance, part de Saint-Pierre des Corps, plutôt que de Tours. Jai tout juste le temps déchanger mon addresse avec quelque-uns de mes nouveaux amis, puis de détaler vers la gare... Heureusement quen passant par le faisceau de voies, cest plus rapide. Jai tout juste le temps de descendre composter ma réservation (quelle idée stupide, faire composter une réservation qui nest, de toutes façons, valable quà un moment donné) avant que la rame TGV arrivant de Irun narrive en gare. Je monte dans la rame, avise mon siège : incroyable! un siège sens de la marche! Finalement, jen ai eu un! Sauf quil fait nuit noire, bref, ça ne me donnera rien du tout. Je vais faire un brin de toilette juste avant le départ, histoire de ne pas salir les coussins de première (ils auront quand même droit à quelques escarbilles), et minstalle pour le court voyage vers Paris. Le pire, dans cette journée? Cest de devoir attendre que Stéphane rentre (très tard) pour lui raconter ça... |
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