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urbains
Le Canard Déraillé

France 1992

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Lundi 18 mai :
Où il est prouvé que les semelles s’usent à Paris tout autant qu’à Chartres...
Une journée morte, où rien n’était originalement prévu. En me levant, je décide d’aller voir à Chartres si j’y suis, et prend le premier train. Une rame inox banlieue, dont le compartiment de première était bourrée de touristes, Eurailpass à la main. En contemplant une famille d’amerloks, j’ai caché au plus profond de mon sac mon Eurailpass, j’aurais trop honte de passer pour un yankee. Fort heureusement, le lapin de couloir a brillé par son absence, car, honnêtement, je me demande si j'aurais préférer me faire pincer comme resquilleur plutôt que d'être assimilé à ces huns des temps modernes.

Chartres. Tout le monde descend (même si le train continue jusqu’à Laval). La procession vers «la plus belle église de France» prend son temps pour monter la colline, je la devance donc sans peine. En face du parvis, des excavations montrent des vestiges gallo-romains. La cathédrale est là, invitante. Je m’y engouffre parmi le fourmillement de touristes. En ressortant, je réussis à prendre une photo du bas-côté une demi-seconde avant que le chien qui dormait sur l’escalier sur lequel je suis monté décide de tenter de me goûter le mollet. Je retourne à la gare en empruntant les petites rues.

Le train, à l’heure, est cette fois-ci composé de voitures à deux niveaux. Je monte en seconde, à l’étage. Voyage rapide, beaucoup plus relax que l’aller, et aussi peu contrôlé. Surprise! À l’arrivée à Montparnasse, la rame TGV 325 prend un bain de soleil. Je cours la photographier.

La soirée est occupée à marcher dans Paris. De la porte de Vanves je tricote à travers le 15ème jusqu’au Champ de Mars. Je passe sous la tour Eiffel, comme toujours infestée de touristes. Le pont d’Iéna me permet de me rendre au Palais de Chaillot sans me mouiller les pieds ni devoir passer par le pont de Bir-Hakeim... Les abords du bassins sont infestés de touristes qui s’y baignent les pieds. Je quitte cet endroit de malheur pour tricoter vers la place Charles de Gaulle. J’y constate que le volontaire partant n’a pas froid au zizi! Là, je joue ma réputation: je descend résolument l’avenue des Champs-Élysés, all the way jusqu’à la Pyramide. Voilà. J’ai fait le con de touriste. Je reviens via le quartier Latin, toujours en tricotant. Inutile de dire que le dodo ne se fait pas attendre, d’autant plus que demain sera une grosse journée...

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