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Mardi 12 mai :
Enfin la grande randonnée.
Je dormais donc, jusquà
5 heures, à Basel, où deux gabelous suissagas me
font rhabiller en hâte. Pointant mon sac (et baragouinant
quelque chose qui finit par «Bitte»), jouvre
ce dernier, démontrant quelques chemises, un pantalon,
etc. Je ne sais pas sil maurait arrêté
en constatant quune de ces chemises porte la mention «fait
en URSS»... La rencontre se termine par la question «guell
nazionalidé»? à laquelle je réponds
un bref «Canada». Le gabelou semble satisfait.
Je remonte me coucher, pour constater
que ma voisine, elle, est passée au peigne fin. Jessaie
de me rendormir, mais laube pointant à lhorizon,
et le départ du train me convainquent de faire autrement.
Je redescends, et replie le lit du milieu, histoire de masseoir
et faire le point. Mais la banquette recule, et jai horreur
de reculer.
Décidant que le couloir est
plus approprié (et je peux ouvrir la fenêtre), jy
vais donc. Entre Basel et Zürich, je nai jamais vu
tant dusines. Toutes des usines impeccablement propres,
où tout est bien rangé, et rien ne heurte la vue.
Toutes sortes dindustries, mais surtout de lindustrie
lourde.
A Zürich, seules les dernières
voitures continuent vers Chur. Le contrôleur qui arpente
le quai ressemble beaucoup à un chef de train fort sympathique
de chez-nous, avec qui jai plusieurs voyages fort bien
réussis à mon actif (du genre passés dans
un bar où les flics attendent à la sortie pour
alpaguer ceux qui ont un verre de trop dans le nez. mais
cétait aux États-Unis, où il est plus
mal vu dêtre saoul que de flinguer quelquun
Non, nous sommes sortis trois heures après la fermeture
du bar, le patron est un copain; les flics étaient partis
depuis belle lulure, quand nous sommes partis nous coucher dans
le foyer, situé à côté de la rotonde...)
Le départ est rapidement donné.
Ma banquette est maintenant dans la
bonne direction. Je retourne masseoir. La dame a réussi
à sendormir, et dort toujours.
Je vais voir à intervalles réguliers
si les autres sont réveillés, mais les rideaux
des autres compartiments restent clos. Finalement, peu avant
Chur, je constate quils ne sont pas morts...
Vue typique d'une
chambre d'hôtel typiquement suisse.
A
Chur, nous avons tout juste le temps de changer beaucoup (la
Suisse est un pays riche) dargent, et de prendre le petit
déjeuner au buffet.
Cest quelques minutes avant son
départ que nous montons à bord du train des Rhb,
train à destination de St-Moritz, que nous quitterons
à Bergün. Entre-temps, nous passons par Reichenau,
Thusis, Tiefencastel et Filisur. Nous grimpons, grimpons, grimpons.
Nous traversons des viaducs se jouant des vallées encaissées
que nous longeons, et perçons des montagnes grâce
à de judicieux tunnels placés autour de la voie
ferrée; les viaducs sont, quant à eux, exactement
sous la voie. Cest à croire quils lont
fait exprès!
A Bergün, le seul hôtel
ouvert se trouve à 50m de la gare. Nous y descendons donc,
et il semble que tout soit en règle, car chacun de nous
est gratifié dune clé donnant accès
à une chambre. Je minstalle, fait un brin de toilette
et me change. Je rencontre les autres en bas, et nous partons
visiter le village (ce qui prend une vingtaine de minutes) et
la gare. Nous allons à lécart du village
voir passer deux trains, et rentrons à lhôtel
pour déjeuner et établir le programme de laprès-midi. |