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Le tunnel sous la colline de Fourvière
est impressionnant. Pour un métro urbain, ça fait
une bonne longueur (quoique, à Montréal, le tunnel
de la ligne 4, qui passe sous le fleuve Saint-Laurent, fait quand
même environ 5 kilomètres, avec seulement une station
intermédiaire). Descendu, je commence à ressentir
des crampes destomac, qui se plaint ainsi de son état
vide. Mais jai des choses plus importantes à faire,
comme, par exemple, vérifier les horaires de train vers
Lyon-Saint-Paul. Jai toujours voulu y aller en train.
Mais hélas, ce ne sera pas pour
cette fois, car le prochain train est après mon départ
vers Paris. Cest donc tristement que je reprends le métro.
Mais je descends à la prochaine, Saint-Jean.
Pour être profonde, elle est
profonde. Jamais vu une station si profonde! Lescalier
mécanique est interminable. Peut-être parce que
les lyonnais ne sont pas habitués à un escalier
si long, il y a un signal dalarme à tous les 10m!
Arrivé en surface, la ficelle qui grimpe à Fourvière
me fait un clin-doeil irrésistible. Je craque.
Aller-retour sans histoire. Je décide
de plier aux exigences de mon estomac, et vais le remplir un
peu. Je déjeune dans un petit resto en face du palais
de justice, où jai le loisir dobserver les
loubards qui attendent la sortie de leurs potes, puis des cars
de polices amenant de la chair fraîche et des équipes
de télévision filmer quelques personnages...
Jai tout juste le temps de rattraper
mon TGV. Jai eu ma dose de haute vitesse. Ahhhhh! quel
pied!
Je rentre tôt, histoire de boucler
ma valise. Chose si rapidement faite, que je décide de
marcher jusquà la Gare de lEst. Mes pérégrinations
memmènent à Denfert-Rochereau, quand en traversant
le boulevard Arago, une bagnole me klaxonne. A Montréal,
les bagnoles klaxonnent constamment après les piétons
(et si elles ont le malheur dêtre trop près
de moi, se prennent un bon coup de pied). Jai été
étonné quà Paris, personne ne klaxonne
après les piétons. Étonné, je me
retourne donc, et ai la surprise de voir que cest mon ami,
monsieur G. qui passait par là. «Je vous ai reconnu
à votre sac à dos. Vous allez où, que je
vous dépose?». Je lui fais part de mon imminent
voyage, et accepte sa proposition. Comme il va à lHôtel
de Ville, je lui dis que cest suffisant, «je vais
en profiter pour faire le Marais». Il stationne à
proximité de Saint Gervais, patron des esquimaux.
Jai bien fait daccepter,
car jai tout juste le temps de marcher jusquà
la Gare de lEst par la rue des Archives. Je bifurque à
la rue Réaumur, et avisant la rue Volta, décide
daller voir «la plus vieille maison de Paris»
(au n°3). Avec une serrure électronique à combinaison.
Et elle a été rénovée, et na
plus lair crado quelle a eu si longtemps. Mais ça
ma mis à la bourre, et je dois sauter dans le premier
métro.
Arrivé à la gare, javise
mon train, et part en reconnaissance. La voiture est repérée.
Je retourne aux tampons, pour attendre Lionel et cie. Point de
Lionel, mais cest Patrick (que javais rencontré
en 1989) «Mais cest Marc! Salut, Marc!» qui
me reconnaît le premier, et me présente au groupe,
tous des mécanos de la banlieue de Paris: Charles, François,
Christophe et Jacques. Lionel arrivé, nous nous installons
dans nos pénates. A eux six, ils sont dans le même
compartiment. Le mien est au bout de la même voiture, sur
les roues. Couchette du haut. Ça commence bien. Ma première
couchette, et cest une couchette du haut!
Je retourne chez les mécanos,
et une bouteille de champagne commence déjà à
circuler! Je propose de faire sauter le bouchon au départ.
Trîîîîît!
Attention au départ! Le conducteur passe pour ramasser
les papiers de tout le monde, biscotte les formalités
douanières. Nous discutons dans le couloir, le nez au
vent. Comme cest agréable; chez nous, les trains
sont climatisés depuis belle lulure, et cest une
chose impensable que de se mettre le nez au vent (seul les portes
ont des fenêtres qui souvrent, et cest rigoureusement
interdit de stationner dans les vestibules).
Dis, marc, quand-est-ce quils
vont creuser un tunnel, sous lAtlantique, pour que tu puisses
venir plus souvent?
En attendant quils creusent
le tunnel, remplissez-moi donc cette formule, me lance le conducteur...
Formule pour les hors-CEE. Je remplis, et la lui remet.
En abordant la vallée de la
Marne, tout le monde décide de se pieuter. Je regagne
mon compartiment, que je partage avec une dame seule qui sest
déjà couchée (en haut, elle aussi). Je déplie
donc les couvertures dans le bleu (je nallume pas), et
me couche et réussit quand-même à dormir. |