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urbains
Le Canard Déraillé

France 1992

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Dimanche 10 mai :
Voyons voir ce qui se tram’ par là...
Lionel est au rendez-vous. Il me propose de passer chez-lui, et nous prenons donc le premier train à la gare souterraine. Arrivés à la maison, je constate que les mômes ont pris le virus ferroviaire au sérieux, et s’amusent déjà avec un train électrique... Je suis entraîné malgré mes protestations dans une séance de bourre-clapoir.

Après la bouffe, nous décidons de l’emploi du temps. Mais comme il commence à se faire tard, nous attrapons le premier train sans tarder. Nous nous rendons à Pablo Picasso en passant par Châtelet et la Gare du Nord. Dans le MI-79, au bruit causé par les contacteurs lors du changement de tension, Lionel m’explique que quand la rame est suffisamment longue, l’avant est en 25.000 volts, tandis que l’arrière est encore en 1.500 volts (ou vice-versa). Plus bi-courant que ça, tu meurs...

La ligne 5 a tôt fait de nous amener à Bobigny, où nous apercevons un tram bondé à bord duquel nous parvenons quand-même à monter. Bel engin. Mais pas mal semblable à ceux qui circulent à Grenoble, ce qui fait un peu beaucoup de déjà-vu.

Le départ se fait rapidement, et l’accélération me fait perdre pied... Je me raccroche, et ai le plaisir de contempler le paysage de la veille, mais d’un angle beaucoup plus désirable: à bord d’un tramway... Après deux virages, nous roulons à bonne allure vers Saint-Denis.

Deux mômes, à mobylette, suivent assidûment le tram. Ils auraient mieux fait de monter à bord, vu que c’est gratoche. Mais nous devons rebrousser chemin à La Courneuve, car la voie ne va pas plus loin, et un gros camion stationne sur la voie...

De retour à Pablo Picasso, nous décidons de faire un autre tour, et je profite que le tram est vidé pour mitrailler l’intérieur.

Pour bénéficier d’une meilleure vue, nous allons vers la cabine de conduite. Un môme s’y prélasse, et en est promptement chassé quand le vrai wattman a fini de « faire le trottoir ». D’autres gens de la RATP s’accumulent en avant, et nous avançons un peu, pour faire monter les gens qui attendent.

Au moment du départ, deux bagnoles empiètent sur la voie. Le wattman a beau sonner à toute berzingue, les propriétaires ne viennent pas. Un des gars de la RATP s’énerve, sort un carnet àsouche et marmonner «m’en vais leur coller un P.V., moi...».

Mais les autres l’en dissuadent : «mais la ligne n’est pas encore ouverte»... Finalement, quelques gros bras volontaires déplacent manu militari l’une des bagnoles, le propriétaire de l’autre s’étant entretemps présenté... Départ.

Un gamin d’une quatorzaine d’année a tôt fait de se pointer, et de bombarder les RATPistes de questions très techniques sur le tram. Sauf que le morveux en sait déjà les réponses. Lionel me dit que si il tombe sur quelqu’un comme ça sur sa machine, il le fout dehors au prochain pk. Effectivement emmerdant, le môme. Chez nous, on appelle ça un «ti-Jos connaissant».

Hélas, hélas, le voyage se termine trop tôt, et nous devons descendre. Seule note joyeuse, quelques vieux bus à plate-forme offrent des tours au public, et sont forts populaires, vu qu’ils sont archi-bondés.

Sur le chemin du retour, Lionel me renseigne sur le voyage qu’il organise, en compagnie de cinq autres mécanos SNCF en Suisse, départ demain soir à 22h40 à la Gare de l’Est. Programme : inspection en règle du Rätishebahn. Je lui avais signifié mon intention d’y aller, il s’attendait à ce que je vienne. Il me conseille de réserver une couchette sur le train pour Chur (ou, s’il n’en reste plus, pour Zürich) dès ce soir.

Je laisse Lionel sur le quai de la Souterraine, et décide d’aller faire valider mon eurailpass pour le lendemain, vu que je sens que je vais craquer si je ne fais pas un tour en TGV. Le zigue du kiosque international me dit que je dois le faire valider demain. Quel con. Mais je vais à un autre guichet me prendre une couchette pour demain.

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