Dimanche 10 : Petit viron en Pennsylvanie
Les guides du musée on un flingue gros comme ça

Les joyeux FMTRiens dans l'obligatoire pose devant la Big Boy, la
plus grosse locomotive du monde, à Steamtown.
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On met le cap sur Scranton,
en Pennsylvanie. À Scranton, se trouve Steamtown, jadis un des
plus gros musée de locomotives à vapeur.
Un musée intéressant, mais sans plus. Beaucoup moins intéressant
que du temps où il était situé dans le Vermont.
En fait, suite à une arnaque dont les dessous n'ont jamais été
révélés, une clique s'est installée à
la direction du musée, au début des années 80, et
s'est empressée de déménager le tout à Scranton,
en Pennsylvanie. Après quelques vivotements, le tout a été
pris sous la coupe du Department of Interior fédéral,
et promptement transformé en parc national! Le résultat
est que les guides sont les fameux rangers, et comme il
se doit, ils se coltinent un flingue gros comme ça...

Le départ de l'excursion, tiré par une 1-4-1 canadienne.
Et certains s'étonnent que les puristes américains râlent
(hé: fallait pas casser vos machines, les gars!!!) |

Une des belles pièces du musée est
cette GP-9 du New-York, Chicago & St-Louis (Nickel Plate Road)
qui, attellée à un fourgon de queue, offre des tours
aux enfants. |

Il y a aussi un tramway de Philadelphie, dans un état remarquable,
qui offre une balade. Curieusement, la disposition intérieure
(porte centale) fait penser aux tramways de Paris. |

"Le centre d'achats à Steamtown est un endroit sans fumée"...
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EMDX et Benoît sont fort occupés à prendre la
photo suivante... |

.. de la 3254 qui manoeuvre au retour de l'excursion. |

Le petit tour en train passe une un beau viaduc, just au dessus du
chemin d'accès au musée. |
Mais pour Scranton, là, on repassera. Même si le musée
est aménagé dans des bâtiments restaurés avec
goût, offrant des exhibits bien ficelés, il n'empêche
que le film cul-cul la praline qu'on nous passe et l'atmosphère
générale assez aseptisée (comme si un dépôt
était si impeccablement immaculé, surtout du temps de la
vapeur!) font regretter l'habituel musée tenu par des bénévoles...
Bof, quoi. Ne mérite pas le détour, et encore moins le
voyage. On quitte Benoît qui rentre à Washington en autobus.

À un arrêt-pipi, sur le bord de l'autoroute, nous avons
le temps de croquer ce train qui roule à toute allure vers
l'est.
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Cap sur Buffalo
Route peu banale, où on se gausse encore du changement de revêtement
entre la Pennsylvanie et l'état de New-York. À un arrêt-pipi,
on croque un train de marchandises roulant vers New-York.
Puis on emprunte une petite route qui ne s'annonçait pas aussi
morne qu'on croyait vu sa rectilignité: la rectilignité
horizontale est bien là, mais pas verticale: on croise trois vallées
très profondes au moyen de côtes assez abruptes merci.

Le Prudential Building,
érigé en 1895, le deuxième
ou troisième gratte-ciel
jamais construit.
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Nous arrivons à Buffalo assez tôt pour faire un tour de
tramway (une seule ligne), assez curieuse: elle est en surface au centre-ville,
et souterraine à l'extérieur.
Mais en déboulant au centre-ville, frais sortis de l'autoroute,
nous avons une surprise de taille: on stoppe à un feu rouge, et,
machinalement, je regarde l'édifice à côté:
une vieille bâtisse, aux murs revêtus de tuiles de terra-cotta,
avec des vitrines en verre bordé de laiton finement restauré.
Les vitrines s'arrêtent à environ un mètre du plafond,
et elles rentrent soudainement vers l'intérieur, en étant
traversées par les colonnes.

Le centre-ville est aménagé décemment, avec
un mail piétonnier traversé par la ligne de tramway.
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Ça clique soudain dans ma tête: nous sommes devant le Prudential
Building, probablement le deuxième ou troisième gratte-ciel
du monde, érigé en 1895 par Louis Sullivan. Je l'indique
à Jacques, qui, aimant l'histoire de l'architecture, est bien heureux
de le voir. Après un petit détour pour chercher une place
de stationnement (c'est pas évident; bien que le centre-ville soit
absolument désert, il n'y a pas beaucoup d'endroits où c'est
autorisé), nous revenons devant le Prudential Building...

Une rame arrive assez-vite, composée de trois tramways identiques.
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De là, on marche vers le tramway. On décide de faire la
ligne au complet; on va à un terminus, et de là, on retourne
à l'autre, et retour.
Quand c'est notre tour, c'est un seul tramway qui se pointe. Notre billet
en main, nous montons à bord: des escaliers escamotables se déplient
au droit de chaque porte; il y a une petite section à quai haut,
qui permet aux chaises roulantes de monter à bord. Gag: le bord
du quai est aménagé de façon à ce que l'escalier
puisse se déplier sans accrocher le quai...

L'intérieur est ample, et
fait plus "Métro" que "tramway"
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L'intérieur est bien confortable: large fenêtres généreuses,
sièges décents, aménagement varié. De part
et d'autre de chaque porte, à l'intérieur, une division
s'avance et évite à l'air froid de trop pénétrer
en hiver (on trouve le même truc à Toronto et à Boston).
Nous parvenons à un bout de la ligne, situé juste dessous
un gratte-ciel moderne. Nous reprenons dans l'autre direction, et une
fois le mail piétonnier traversé, nous plongeons sous-terre.
Là, c'est du métro typique nord-américain: une seule
voie par tunnel, stations toutes identiques sur deux modèles: quai
central ou voies au centre. Quelques scupltures ou murales distinguent
certaines stations, mais c'est tout.

Nos FMTRiens à l'oeuvre, à effectuer le banc-d'essai
des places du tramway de Buffalo. (JV) |
De la construction super-grand-luxe (tunnels forés, stations profondes),
du matériel confortable. Mais le tout fait un peu pisseux à
cause d'une livrée pas très belle (blanc, jaune, bleu et
brun) et les stations souterraines qui se ressemblent un peu trop.
Au terminus, on se fait pas chier: le départ est sur des voies
alternées. Nous avons 10 minutes d'attente, ce qui nous permet
de monter à la surface (la station est très profonde), et
au Gwen de photographier un autobus surbaissé fabriqué près
de Montréal...
On reprend dans l'autre direction. Voyage sans histoire.

Un gros tramway, ou un petit métro...
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On quitte avec une impression de satisfaction pas tout à fait
complète. Il manque un petit je ne sais quoi. Un système
honnête, bien ficelé, qui doit fonctionner sans problèmes,
desservant un centre-ville qui a été, de toutes évidence,
décimé par la suburbanisation des années 50 et 60,
et qui tente de faire marche-arrière à toute-vapeur. Des
efforts louables, mais qui ont à surmonter l'énorme préjugé
anti-urbain qui sourd de tous les pores du psychisme collectif américain.
Peut-être qu'un vendredi après-midi, notre impression aurait
été toute autre...
On franchit la frontière sans férir le moindre coup (le
douanier nous offre d'avoir quelqu'un qui parle français, mais
c'est pas nécéssaire, je fais l'interprète), et on
met le cap sur Niagara-Falls.
La mort par le kitsh
Je savais que c'était kitch, mais pas à ce point là.
Je n'en dirai pas plus, les mots me manquent. Je ne dirai guère
plus; il faut être sur place pour réaliser la chose. Heureusement
que le kitsch est maintenu à distance décente des chutes
par un parc bien aménagé le long d'une falaise; seul les
plus hauts trucs kitsch dépassent du petit bois.
Les
chutes éclairées sont belles. Les touristes pullulent, même
à dix heures du soir, et le Gwen est fasciné pas des autobus
à remorque qui vont et viennent.
Après avoir bouffé, on met le cap vers Toronto, mais on
couche à Hamilton, ville morne sans aucun intérêt,
sinon la bifurcation la plus achalandée au Canada.
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