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urbains
Le Canard Déraillé

Boston & New-York,
juin 2001


 

Crédits photographiques:

Toutes les photos sont de Marc Dufour,
sauf celles suivies par les initiales jaunes :
 (JV)  – Jacques Viallat
 (LG)  – Le Gwen

Les grandes bouffes FMTR

4 — En remontant le Niagara

Dimanche 10 : Petit viron en Pennsylvanie

Les guides du musée on un flingue gros comme ça

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Les joyeux FMTRiens dans l'obligatoire pose devant la Big Boy, la plus grosse locomotive du monde, à Steamtown.

On met le cap sur Scranton, en Pennsylvanie. À Scranton, se trouve Steamtown, jadis un des plus gros musée de locomotives à vapeur.

Un musée intéressant, mais sans plus. Beaucoup moins intéressant que du temps où il était situé dans le Vermont.

En fait, suite à une arnaque dont les dessous n'ont jamais été révélés, une clique s'est installée à la direction du musée, au début des années 80, et s'est empressée de déménager le tout à Scranton, en Pennsylvanie. Après quelques vivotements, le tout a été pris sous la coupe du Department of Interior fédéral, et promptement transformé en parc national! Le résultat est que les guides sont les fameux rangers, et comme il se doit, ils se coltinent un flingue gros comme ça...

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Le départ de l'excursion, tiré par une 1-4-1 canadienne. Et certains s'étonnent que les puristes américains râlent (hé: fallait pas casser vos machines, les gars!!!)
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Une des belles pièces du musée est
cette GP-9 du New-York, Chicago & St-Louis (Nickel Plate Road) qui, attellée à un fourgon de queue, offre des tours aux enfants.
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Il y a aussi un tramway de Philadelphie, dans un état remarquable, qui offre une balade. Curieusement, la disposition intérieure (porte centale) fait penser aux tramways de Paris.
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"Le centre d'achats à Steamtown est un endroit sans fumée"...
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EMDX et Benoît sont fort occupés à prendre la photo suivante...
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.. de la 3254 qui manoeuvre au retour de l'excursion.

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Le petit tour en train passe une un beau viaduc, just au dessus du chemin d'accès au musée.

Mais pour Scranton, là, on repassera. Même si le musée est aménagé dans des bâtiments restaurés avec goût, offrant des exhibits bien ficelés, il n'empêche que le film cul-cul la praline qu'on nous passe et l'atmosphère générale assez aseptisée (comme si un dépôt était si impeccablement immaculé, surtout du temps de la vapeur!) font regretter l'habituel musée tenu par des bénévoles...

Bof, quoi. Ne mérite pas le détour, et encore moins le voyage. On quitte Benoît qui rentre à Washington en autobus.

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À un arrêt-pipi, sur le bord de l'autoroute, nous avons le temps de croquer ce train qui roule à toute allure vers l'est.

Cap sur Buffalo

Route peu banale, où on se gausse encore du changement de revêtement entre la Pennsylvanie et l'état de New-York. À un arrêt-pipi, on croque un train de marchandises roulant vers New-York.

Puis on emprunte une petite route qui ne s'annonçait pas aussi morne qu'on croyait vu sa rectilignité: la rectilignité horizontale est bien là, mais pas verticale: on croise trois vallées très profondes au moyen de côtes assez abruptes merci.

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Le Prudential Building,
érigé en 1895, le deuxième
ou troisième gratte-ciel
jamais construit.

Nous arrivons à Buffalo assez tôt pour faire un tour de tramway (une seule ligne), assez curieuse: elle est en surface au centre-ville, et souterraine à l'extérieur.

Mais en déboulant au centre-ville, frais sortis de l'autoroute, nous avons une surprise de taille: on stoppe à un feu rouge, et, machinalement, je regarde l'édifice à côté: une vieille bâtisse, aux murs revêtus de tuiles de terra-cotta, avec des vitrines en verre bordé de laiton finement restauré. Les vitrines s'arrêtent à environ un mètre du plafond, et elles rentrent soudainement vers l'intérieur, en étant traversées par les colonnes.

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Le centre-ville est aménagé décemment, avec un mail piétonnier traversé par la ligne de tramway.

Ça clique soudain dans ma tête: nous sommes devant le Prudential Building, probablement le deuxième ou troisième gratte-ciel du monde, érigé en 1895 par Louis Sullivan. Je l'indique à Jacques, qui, aimant l'histoire de l'architecture, est bien heureux de le voir. Après un petit détour pour chercher une place de stationnement (c'est pas évident; bien que le centre-ville soit absolument désert, il n'y a pas beaucoup d'endroits où c'est autorisé), nous revenons devant le Prudential Building...

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Une rame arrive assez-vite, composée de trois tramways identiques.

De là, on marche vers le tramway. On décide de faire la ligne au complet; on va à un terminus, et de là, on retourne à l'autre, et retour.

Quand c'est notre tour, c'est un seul tramway qui se pointe. Notre billet en main, nous montons à bord: des escaliers escamotables se déplient au droit de chaque porte; il y a une petite section à quai haut, qui permet aux chaises roulantes de monter à bord. Gag: le bord du quai est aménagé de façon à ce que l'escalier puisse se déplier sans accrocher le quai...

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L'intérieur est ample, et
fait plus "Métro" que "tramway"

L'intérieur est bien confortable: large fenêtres généreuses, sièges décents, aménagement varié. De part et d'autre de chaque porte, à l'intérieur, une division s'avance et évite à l'air froid de trop pénétrer en hiver (on trouve le même truc à Toronto et à Boston).

Nous parvenons à un bout de la ligne, situé juste dessous un gratte-ciel moderne. Nous reprenons dans l'autre direction, et une fois le mail piétonnier traversé, nous plongeons sous-terre.

Là, c'est du métro typique nord-américain: une seule voie par tunnel, stations toutes identiques sur deux modèles: quai central ou voies au centre. Quelques scupltures ou murales distinguent certaines stations, mais c'est tout.

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Nos FMTRiens à l'oeuvre, à effectuer le banc-d'essai des places du tramway de Buffalo.  (JV) 

De la construction super-grand-luxe (tunnels forés, stations profondes), du matériel confortable. Mais le tout fait un peu pisseux à cause d'une livrée pas très belle (blanc, jaune, bleu et brun) et les stations souterraines qui se ressemblent un peu trop.

Au terminus, on se fait pas chier: le départ est sur des voies alternées. Nous avons 10 minutes d'attente, ce qui nous permet de monter à la surface (la station est très profonde), et au Gwen de photographier un autobus surbaissé fabriqué près de Montréal...

On reprend dans l'autre direction. Voyage sans histoire.

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Un gros tramway, ou un petit métro...

On quitte avec une impression de satisfaction pas tout à fait complète. Il manque un petit je ne sais quoi. Un système honnête, bien ficelé, qui doit fonctionner sans problèmes, desservant un centre-ville qui a été, de toutes évidence, décimé par la suburbanisation des années 50 et 60, et qui tente de faire marche-arrière à toute-vapeur. Des efforts louables, mais qui ont à surmonter l'énorme préjugé anti-urbain qui sourd de tous les pores du psychisme collectif américain.

Peut-être qu'un vendredi après-midi, notre impression aurait été toute autre...

On franchit la frontière sans férir le moindre coup (le douanier nous offre d'avoir quelqu'un qui parle français, mais c'est pas nécéssaire, je fais l'interprète), et on met le cap sur Niagara-Falls.

La mort par le kitsh

Je savais que c'était kitch, mais pas à ce point là. Je n'en dirai pas plus, les mots me manquent. Je ne dirai guère plus; il faut être sur place pour réaliser la chose. Heureusement que le kitsch est maintenu à distance décente des chutes par un parc bien aménagé le long d'une falaise; seul les plus hauts trucs kitsch dépassent du petit bois.

Les chutes éclairées sont belles. Les touristes pullulent, même à dix heures du soir, et le Gwen est fasciné pas des autobus à remorque qui vont et viennent.

Après avoir bouffé, on met le cap vers Toronto, mais on couche à Hamilton, ville morne sans aucun intérêt, sinon la bifurcation la plus achalandée au Canada.


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