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| Vive le Québec Libre! | Allons, allons, pour eux aussi, il faut que la France soit la France! | Retour à la page principale |
Évidemment, avec toute ces railleries, quand on a d'abord
combattu l'occupant nazi, puis ensuite, anéanti les visées hégémoniques
anglo-saxonnes sur la France (on se souviendra que Roosevelt avait juré
d'anéantir la capacité industrielle de la France et projetait
de l'occuper comme il a occupé l'Allemagne, mais qu'il a vait volte-face
lorsqu'il a compris que De Gaulle retournerait la Résistance contre les
américains), on se sent un peu come une baleine qui reçoit un pet
de plancton...
Quelques mois plus tard, vers la fin de l'année, le plus illustre
des français enfonça un peu plus le clou, lors de sa traditionnelle
conférence de presse, à l'Élysée:
Les britanniques ont en outre déployé de grands efforts
de contrainte ou de séduction pour amener les français canadiens
à renoncer à eux-mêmes. ...
Toutefois, par un miracle de vitalité, d'énergie et
de fidélité, une nation française, morceau de notre
peuple, a continué à se manifester au Canada. Elle prétend
être reconnue et traitée comme telle. Les soixante mille
individus sont devenus six millions et restent plus français que
jamais, comme en témoigne leur devise: "Je me souviens".
Ayant su préserver leur langue, leurs traditions, leur religion,
leur solidarité françaises, les Français canadiens
délaissent maintenant leur stratégie défensive passive
et aspirent comme tout autre peuple à devenir maîtres de
leur destin.
Mais les anglo-saxons et le gouvernement fédéral, dont
l'action inévitablement partiale ont réussi à
s'approprier l'économie et à placer les français
dans une position inférieure qui ne cesse de l'aggraver et
qui met de plus en plus en danger leur langue, leur substance, leur caractère.
Engagé dans ce mouvement d'affranchissement, le peuple français
d'outre-atlantique s'est naturellement tourné vers la France
en qui il voit la mère patrie, non plus seulement comme un souvenir
très cher, mais comme la nation dont le sang, le coeur et l'esprit
sont les leurs. Eux-mêmes pourraient apporter un appui considérable
à la France.
L'issue de leur combat pour la survie de la langue française
au Canada pèsera lourd dnas la lutte qui est menée pour
elle, d'un bout à l'autre du monde.
Voilà pourquoi le gouvernement français a reçu
les premiers ministres Lesage et Johnson avec une grande joie et un grand
intérêt. Voilà pourquoi il a signé avec eux
les premiers accords d'action commune. Mais ces retrouvailles devaient
être constatées et célébrées solennellement
sur place.
[d'où l'invitation qui me fut faite. Ma présence]
au Québec a soulevé une vague immense de foi et d'espérances
françaises. Des millions d'hommes, de femmes, d'enfants
se sont rassemblés pour crier avec passion "Vive la France!". Ils
arboraient des centaines et des centaines de milliers de drapeaux tricolores
et des drapeaux du Québec, à l'exclusion de tout autres
emblêmes.
[j'ai soulevé trois évidences:] – Vous êtes
des français;
en cette qualité, il vous faut être maîtres
de vous-mêmes, et,
l'essor moderne du Québec, vous voulez qu'il soit
le vôtre.
À Montréal, deuxième ville française du
monde, le déferlement de passion libératrice était
tel que la France avait le devoir sacré d'y répondre
sans ambages et solennellement. [Le Canada doit changer; un tel changement est] le prélude à
l'avènement du Québec au rang d'un état souverain,
maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant
et tant d'autres peuples qui ne sont pourtant pas si viables ni même
si peuplés que ne serait celui-là.
Allons, allons, pour eux aussi, ils faut que la France
soit la France!
Conférence de presse du 27 novembre 1967,
– ...
Les français, après avoir découvert, peuplé,
administré le Canada pendant deux siècles et demi, ont cru
devoir quitter la place. Les soixante mille individus qui sont restés
n'ont reçu de la France que d'infimes éléments
nouveaux, tandis d'affluaient des millions et des millions de britanniques,
sans compter les nouveaux arrivants slaves, médittéranéens,
scandinaves, juifs, asiatiques que le gouvernement canadien d'Ottawa
déterminait à s'angliciser.
...
...
Charles de Gaulle,
à l'Élysée.